visite au festival du livre

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Nous sommes en 1976, aux Jeux Olympiques de Montréal. Nadia Comaneci, gymnaste portant le numéro 73, vient d’effectué son mouvement à la poutre devant une salle médusée, des spectateurs aux juges, en passant par les gymnastes des autres équipes. En moins d’une minute, tout le monde est sous le charme. La note tarde à s’afficher sur le panneau d’affichage et finit par s’afficher : 1 virgule zéro, zéro ? Que se passe-t-il ? Nadia a-t-elle fait une erreur que son entraîneur Béla Karoly n’a pas vue ? La foule ne comprend pas les juges. Mais le président du jury fait signe à Nadia : les deux mains en écartant les doigts. La petite prodige de la gymnastique à, en faite, obtenu la note MAXIMALE, mais ceci n’était pas prévu dans l’ordinateur !!! Le petit écureuil, surnom de Béla donnait à ses gymnastes avait même détraqué la machine sensée être infaillible.

Le livre de Lola Lafon raconte, la façon dont les petites filles ont été choisies et entraînées par Béla qui a fondé sa propre école de gymnastique, non sans mal, car c’est le règne du génie des Carpates : Ceausescu. On découvre donc les entraînements, la vie de ces petites filles pour arriver au stade de la compétition.  

Ce roman, comme le dit d’emblée Lola, n’est pas une biographie exhaustive de Nadia Comaneci. Elle imagine un dialogue entre elle et Nadia pour tenter d’expliquer ce qu’on ne sait pas et faire la part de la réalité et de ce que la presse a pu écrire. 

L’auteur met en évidence le formatage de ces petites filles qui ont six ans en moyenne quand débute l’école. Elles sont affamées, on compte les calories sans arrêt car elles doivent rester menues, peser le moins possible. Sur le plan de la gymnastique, l’entraînement est inhumain, elles s’entraînent pendant des heures, les mains pleines d’ampoules, se lançant dans le vide sans savoir qu’elles risquent leur vie (ou la paralysie) à chaque saut, mais Béla dit qu’elles peuvent le faire et doivent le faire. 

Elles obéissent toutes, Nadia plus que les autres car elle est perfectionniste donc prête à tous les sacrifices pour Béla et pour la Roumanie. Cela va jusqu’aux vomissements tellement elle a peur de peser cent grammes de trop au contrôle et finira par des troubles du comportement alimentaire (alternance anorexie et boulimie). La perversité de cet entraîneur est sans limite et il exerce une emprise terrible sur ses « petits écureuils » comme il les appellent. Nadia le considère probablement comme un père de substitution donc elle obéit pour qu’il l’aime. Seule la mère de Nadia se méfie mais elle ne fait rien.

Un livre dur mais que j’ai apprécié ! Il fait réfléchir sur beaucoup de choses, mais tous les ans, je le ressors et je le relis ! Demandez à n’importe quelles gymnastes de vous parlez de Nadia, on pourrait vous en dire long ! Elle nous a toutes émerveillées, impressionnées, elle est pour nous un symbole, un modèle de réussite et de perfection, ce que nous recherchons quotidiennement lors des entrainements. 

Lola Lafon en construisant ce texte a orienté sa plume vers un exercice périlleux mais elle n’est pas tombée, elle. S’appuyant sur des faits réels, sur l’actualité foisonnante des années de gloire de Nadia, elle a posé l’histoire de la petite « fée communiste » dans son contexte. C’est pourquoi quand j’ai regardé le programme du Festival du livre de Metz, et que j’ai vu son nom parmi la liste des auteurs présents, je me suis dis que c’était l’occasion rêvé de rencontrer cette Lola Lafon qui durant mon adolescence m’a transporté à travers les lignes de son roman et quelques fois aidé, à ne pas lâcher ma passion.  Cette présence à Metz était donc une opportunité. Je me suis donc rendu à ce festival. Tous ces livres, ses auteurs du chapiteau centrale me rendaient intérieurement heureuse, je me sentait bien dans cette atmosphère. Après quelques minutes à me promener dans les allées, j’ai enfin trouver le stand où Lola Lafon avait pris place le temps de ce weekend réservé aux livres et à la lecture ! Un peu timide, je me suis approché avec mon livre dans la main, puis tout naturellement elle a signé mon livre et nous avons pu discuter brièvement du livre. J’avais pris un plaisir à le lire, et elle, elle avait pris du plaisir à l’écrire ! La manière dont elle m’en a parlé était magique, comme si elle parlait de son enfant. Elle m’a donner envie de le relire une nouvelle fois, peut-être pour la dixième fois d’ailleurs ! 

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J’ai donc décidé tout naturellement d’aller assister à une lecture- débat où Lola était présente. Je me suis donc rendu, vendredi vers 17h à l’Arsenal, au centre ville de Metz pour assisté à la rencontre intitulé « Rencontre et engagement politique » animé par Sarah Polacci. Avec Lola, étaient présents Justine Augier et Arno Bertina, deux auteurs qui m’était inconnu avant cette lecture-débat.

Trois univers totalement différents, mais avec des points communs. Justine a écrit « de l’ardeur », un récit documentaire, documenté et autobiographique, beau portrait sur une militante activiste syrienne,  aujourd’hui disparue : Razan Zaitouneh. 

Lola a écrit « mercy, mary, patty », un roman inspirée de la vie réelle de Patricia Hearst, enlevée et qui fini par épouser le mafieux qui l’a enlevé.

Et enfin Arno, à lui aussi écrit un roman, qui est le plus imaginaire des 3 livres de cette rencontre. Son histoire se passe dans un abattoir en France, qui doit fermé, où le ministre est séquestrer durant 10 heures. 

A travers ses 3 auteurs, ont comprend très vite que la question de l’engagement et de la liberté est très importante pour eux. Ce que je retiens de cette heure de débat-lecture :

Justine Augier reconstitue méticuleusement une biographie de cette jeune icône de l’opposition syrienne, par les témoignages que ceux qui l’ont connue ou croisée, par son impressionnant travail d’avocate et de militante des droits de l’homme. On y découvre une figure de femme implacable dans son combat, travailleuse acharnée, idéaliste convaincue et tenace. Engagée humanitaire de la première heure aux côtés des opposants, intermédiaire poil à gratter qui dérange autant le régime que les insurgés, elle participe au printemps syrien rapidement muselé, subit la clandestinité, dénonce sans relâche les arrestations arbitraires, les conditions de détention et de torture. Plus largement, le livre nous dessine en creux la Syrie de Bachar, l’opacité et la violence de fonctionnement du pays, la suspicion systématique envers toute forme de réforme sociétale. C’est une immersion dans la tentative de printemps syrien et son implacable répression, creuset de radicalisation des mouvements d’opposition qui deviendront le fond de recrutements de Daech. 

Ce n’est pas uniquement un roman sur un fait divers ayant défrayé la chronique en février 1974, l’enlèvement de Patricia Hearst, petite-fille du célèbre magnat de la presse William Randolph. C’est un roman sur la liberté d’opinion et d’agir de jeunes femmes parfois « enfermées » dans leur milieu de vie. C’est aussi de manière plus générale un livre sur tout ce qui peut influencer notre vision des événements, sur la manipulation des mots et de la pensée.

Arno Bertina est décidément un fin observateur de l’actualité politique et sociale française, en même temps qu’un écrivain très porté sur les aspects les plus poétiques de la vie. Sous sa plume, une grève prend donc des airs de fête générale, ou du moins de laboratoire des idées, où la tristesse n’a pas sa place.

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Une rencontre incroyable, enrichissante et intéressante en tous points ! J’ai découvert Arno B et Justine A. Je pense à me procurer leurs romans très rapidement et les décorer sur la plage cette été ! En attendant, j’ai acheté « Mercy, Mary, Patty » de Lola Lafon et quelques jours après cette achat, il est déjà bien entamé ! 

Pour clôturer cet article et donc cette année, je remercie S. Bertrand et N. Brucker pour toutes ces séances, pour nous avoir fait découvrir des livres, qui de base, ne m’auraient pas attirer, mais qui finalement ont été lu et parfois approuvés à 200% !

Merci infiniment

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